Société des Amis de la Bibliothèque Forney




LE MUSÉE DES LETTRES ET MANUSCRITS


par Claudine CHEVREL


Article de Claudine Chevrel, (Conservateur en Chef à la Bibliothèque Forney), paru dans la revue SABF (Sté des Amis de la Bibibliothèque Forney) 2010 - Bulletin n° 185





Le Musée des Lettres et Manuscrits



Lettres et manuscrits forment le terreau de tout historien qui se respecte. La lumière que ces documents apportent dans le domaine de la connaissance humaine est irremplaçable car ils procurent une émotion unique, mais, loin d'avoir iivré tous leurs secrets, ils restent en partie inexploités. Si l'on est parvenu à inventorier, tant bien que mal, en France, l'ensemble des collections de lettres et manuscrits conservées dans les institutions publiques, il reste encore une vaste étendue d'écrits inexplorés : ceux des collections privées.

C'est à cette exploration que s'emploie le Musée des lettres et manuscrits dont la collection appartient en indivision à près de 7.000 particuliers regroupés par la société Aristophil, spécialisée dans l'achat, la vente et la conservation de lettres et manuscrits, et que dirige Gérard Lhéritier, fondateur du musée. Cest lui qui l'année dernière a retrouvé et acheté aux États-Unis pour plusieurs millions d'euros, le testament politique de Louis XVI, un manifeste de 16 pages, intitulé "Déclaration à tous les Français" écrit de la main du roi avant sa fuite à Varenne et perdu depuis la Révolution Française.
C'est encore lui qui en mai 2008 a acquis le manuscrit du Manifeste du surréalisme d'André Breton lors d'une vente aux enchères à Paris ou encore les notes de Joseph Kessel journaliste au procès de Pétain en 1945. À force d'écumer greniers et ventes publiques, ses experts ont rassemblé une masse de 70.000 documents, dont 1.000 sont exposés en alternance.

Six années après son ouverture au n° 8 de la rue de Nesle (voir le Bulletin de la SABF n° 162, octobre-décembre 2004), le musée déménage, s'agrandit, et reste au cœur de Saint-Germain-des-Prés pour s'installer dans des locaux flambants neuf au 222 du boulevard Saint-Germain, tout au fond d'une cour. Avant d'atteindre le bâtiment, il faut donc franchir le porche largement ouvert, traverser le vestibule où sont accrochés aux murs des reproductions de manuscrits sur Plexiglass (de Gauile, Pissaro, Verlaine), et saluer au passage dans la cour les bustes de Balzac, Chopin ou Einstein.
L'exposition temporaire occupe le rez-de-chaussée, les salles du sous-sol présentent les collections permanentes, et il faut toute la magie des documents exposés pour faire oublier leur accumulation un peu étouffante et l'étroitesse des lieux. Des ateliers permettent de s'initier à l'art des hiéroglyphes, à la plume d'oie des moines copistes ou à la calligraphie japonaise.




Le Musée des Lettres et Manuscrits



Bâtiment

Le Musée des lettres et manuscrits est installé dans un quartier et un bâtiment dignes de son activité. Cest en effet dans ce quartier que Mme du Deffand, cette "héritière" de la marquise de Sévigné, après avoir reçu dans son salon les principales célébrités de son siècle, écrivit d'admirables pages. Cest aussi tout près que Mlle de Lespinasse a rédigé les plus belles lettres d'amour que l'on puisse imaginer, qualifiées par les Goncourt comme "le plus grand battement de cœur du XVIIIème siècle". À l'emplacement de l'actuel 222 du boulevard Saint-Germain, sous la monarchie, se trouvait un domaine religieux géré par les Dominicains, constitué de bâtiments monastiques et d'un ensemble immobilier qui est encore conservé derrière les immeubles plus récents du boulevard Saint-Germain. Cest ici notamment que se dressait un hôtel particulier où résida Claude de Saint-Simon, le célèbre mémorialiste de Louis XIV.

À l'époque des aménagements haussmanniens et de la percée de la voie circulaire intérieure, entre le Second Empire et la Troisième République, les deux immeubles du 222 sont construits. Dès lors, libraires et éditeurs vont se succéder dans ce lieu, les Roy puis les Rombaldi qui vont y demeurer plus d'un demi-siècle. Aujourd'hui, l'immeuble sur cour dont les livres faisaient le tour de chaque étage, a été réhabilité en respectant (et retrouvant) l'architecture originale, soit un atrium central éclairé de manière zénithale.


La collection permanente

La salle centrale, d'une surface de 135 m², est consacrée à l'antiquité, aux nouvelles acquisitions et à l'histoire. Une deuxième salle, de 85 m², accueille les manuscrits relatifs aux sciences et découvertes et à la musique. La troisième salle de 87 m² renferme les pièces concernant les arts, la littérature et les reliures. La scénographie, sobre, joue sur trois matériaux : l'acier, le bois, le verre. Ils s'harmonisent avec le noir et le blanc de l'architecture, déclinée dans des tons de gris : beige gravier des plans verticaux (murs, cimaises et fonds de vitrines murales), gris manganèse de l'acier qui cerne et structure les vitrines, gris anthracite des panneaux de chêne veiné des mobiliers.
Les œuvres sont présentées parfois sur cimaises, le plus souvent sous des vitrines tables ou vitrines murales, conçues pour permettre un renouvellement fréquent (afin non seulement d'assurer une rotation des collections mais également de limiter la durée d'exposition de documents sur papier, par nature fragiles). Le fond des vitrines murales est rainuré comme les portées dlune partition de musique, permettant une présentation (dense) des oeuvres à différentes hauteurs. Celui des vitrines tables, en carton neutre gris, est réglable en hauteur, afin d'accueillir livres ouverts ou feuillets (lettres et manuscrits). La signalétique crée un fil conducteur couleur framboise écrasée sur les murs et les vitrines. L'implantation rigoureuse des panneaux de textes et des cartels permet un repérage aisé et facilite la lecture sans nuire à la mise en valeur des œuvres. Des portraits intégrés aux cartels offrent un visage aux auteurs des lettres et manuscrits, et des signatures courent le long cles murs. Tout commence donc aux origines de l`écriture avec des stèles gravées antiques, entourées de documents autographes, de Champollion par exemple. Puis la vitrine des dernières acquisitions présente côte à côte des lettres de Louis XIV et de Mazarin, un roman de Marat édité après sa mort, un album de 51 dessins de Saint-Exupéry ou une lettre de Freud...


L'histoire

Commence ensuite la section "1.000 ans d'histoire". À l'école, on apprend des dates et des faits, c'est une toute autre Histoire que l'on découvre devant la lettre de François Ier à Charles Quint qui le tient prisonnier après la bataille de Pavie, ou la correspondance entre Henri lll et Henri de Navarre, qui jouent à qui trompera l'autre. La vitrine des "Femmes au pouvoir" fait voisiner une lettre de Marie de Médicis contre Richelieu, le testament de Mme de Maintenon, et le petit mot de Marie-Antoinette témoignant de sa méfiance l'égard du maréchal de Saxe. On éprouve tout poids du destin, au moment de la Révolution française, devant le manuscrit du discours prononcé par Louis XVI aux États généraux, quelques jours après le serment du Jeu de Paume, quand tout est encore possible, puis devant le courrier de Fouquier-Tinville au concierge de la prison du Luxembourg dans lequel il exige de recevoir “chaque jour la liste des noms et qualités de ceux qui sont constitués dans ta prison d'arrêt".
Un feuilletoir automatique sur écran permet de parcourir un album de 66 documents imagés sur la Révolution française. Napoléon lui-même devient beaucoup plus sympathique quand jeune officier, il écrit en 1821 une nouvelle autobiographique "Clisson et Eugénie" au moment de sa liaison avec Désirée Clary. Et la lettre brûlante (pleine de fautes d'orthographe) qu'il adresse en pleine gloire de la campagne d'Italie à l'inconstante Joséphine la convaincra de le rejoindre. Tout aussi émouvants, les documents relatifs à son exil : le journal de bord du Northumberland, navire qui le conduisit à Sainte-Hélène ou une de ses dernières lettres à Joachim Murat, si illisible que son secrétaire dut la retranscrire entre les lignes. Un petit cahier d'écolier de l'Aiglon, dans lequel son précepteur a souligné les fautes, témoigne de l'écriture appliquée de l'enfant qui a dix ans en 1821, à la mort de son père.



Carnet de notes de Balzac



Une passionnante section détaille les différentes façons d'acheminer le courrier lors du siège de Paris en 1870 : est exposée une "boule de Moulins", boule en zinc munie d'ailettes, lancée dans la Seine et recueillie par des filets. Les fameux ballons montés transportaient les lettres dans les airs, comme celles que Manet écrivait à sa maîtresse. Victor Hugo, plus politique, s`exclame "Paris est admirable et se défendra jusqu'aux dernières extrémités". La grande feuille du "Discours à la jeunesse" couverte de la large écriture de Jean Jaurès voisine avec la petite lettre d`Alfred Dreyfus dans laquelle il s'insurge contre "l'Action française", de sa minuscule écriture méticuleuse.

Dès 1936, dans une lettre à un ami, De Gaulle s'inquiète de la progression d'Hitler en Rhénanie, tandis qu`en 1935, Jean Moulin, inconscient du tragique destin qui l'attend, envoie des cartes postales au ton détendu. Si la signature d'Eisenhower s'étale fièrement au-dessus de l'Arc de Triomphe sur une photographie montrant les troupes américaines sur les Champs-Élysées, quel contraste avec la sobriété de la page dactylographiée, message top secret, qui annonce le cessez-le-feu, la capitulation nazie et la fin de la deuxième guerre mondiale. Une vitrine évoque les camps de concentration avec les lettres-formulaires en provenance d'Auschwitz ou les tickets de rationnement de Mauthausen. Sur parchemin, papier vergé ou papier bleu léger pour avion, à la plume d'oie ou au crayon bic, chaque personnage célèbre a laissé son empreinte.

Sciences et découvertes

Parfois accompagnés de vrais instruments, les documents retracent le panorama des sciences selon sept thématiques :
- l'homme et la nature (Isaac Newton, Jean-Jacques Rousseau, Darwin, Pasteur, Freud, etc.),
- les découvertes en astronomie (Kepler, Biot, Flammarion...),
- l'ectricité de la pile à l'ampoule (Volta, Ampère, Edison),
- les inventions modernes (les expositions universelles, la montgolfière, la Tour Eiffel, le moteur, la photographie),
- les travaux sur la radioactivité (Pierre et Marie Curie, Becquerel, etc.).
Un feuilletoir électronique permet de parcourir la fameuse correspondance entre Besso et Einstein, un des trésors du musée, soit 54 pages de calculs corrigés réciproquement (certaines, quasiment illisibles pour le profane, sont exposées dans une vitrine proche) qui conduiront le savant à sa théorie de la relativité générale.


Musique

Les partitions manuscrites abondent. Dans la section musique baroque, outre des manuscrits musicaux, des billets signés de Lully et Bach attestent du fait que leur salaire a bien été versé ! Chez les Classiques, Mozart déplore le décès de son père en 1787 et on peut admirer le brouillon de la sonate "Hammerklavier" de Beethoven. En 1828, Hector Berlioz réclame de l'argent à son père pour financer son premier concert symphonique, et ne pourra pas le rembourser. En 1837, revanche du destin, il peut lui détailler le triomphe de son Requiem joué aux Invalides. La musique romantique est représentée, entre autres, par Schubert, Paganini, Brahms, Liszt, Wagner, des lettres de Chopin à George Sand, les rares qui nous soient parvenues, ou un manuscrit musical autographe de Robert Schumann au recto et Clara Schumann, au verso, peu avant l'internement du compositeur. Dans la section théâtre lyrique, il est amusant de comparer les partitions autographes d'Offenbach, pleines de ratures à celles de Bizet, tirées au cordeau. Et comment empêcher des airs fameux de vous trotter dans la tête devant un morceau de partition du "Trouvère" de Verdi ? L'aventure des Ballets russes est retracée par les lettres de Diaghilev à Serge Lifar ou de Stravinsky à Debussy, celle des Ballets russes de Monte-Carlo notamment par une lettre de Miro à Boris Kochno qui lui a commandé un décor.


Littérature

Les amateurs des grands classiques pourronts'extasier devant les rares signatures de Corneille ou de Racine, sinterroger devant une lettre de Descartes se défendant d'une accusation de plagiat ou s'amuser de l'éloge ronflant rendu par La Fontaine a Louis XIV après le siège de Namur. Diderot prodigue des conseils de bonne conduite à la fille d'un horloger genevois, collaborateur de l'Encyclopédie. Le marquis de Sade écrit à son épouse depuis le donjon de Vincennes pour lui demander des meringues... et un exemplaire des "Confessions" de Rousseau. De ce dernier, on peut admirer un manuscrit autographe abondamment corrigé de la troisième partie de "La nouvelle Héloïse". Balzac s'inquiète auprès du directeur du théâtre du Gymnase d'une pièce qui ressemble à un de ses romans. Flaubert écrit à Louise Colet " Ça ne va pas, ça ne marche pas" pendant la rédaction de "Madame Bovary“.

Georges Sand confie a son vieil ami Flaubert ses ennuis de santé et son sentiment de solitude. Zola conteste auprès du journal "La Tribune" les modifications apportées au texte d'un de ses articles. Dans une correspondance de plus de quatorze lettres, Stendhal analyse le caractère de Julien Sorel, parle de commencer bientôt Lucien Leuwen et avoue l'ennui profond qu'il éprouve dans ses différents postes diplomatiques.

La section consacrée à Victor Hugo illustre tous les aspects de sa personnalité : père tendre avec le poème "Portrait d'une enfant" (celui de sa chère Léopoldine à un an), dramaturge contestataire (manuscrit d' "Hernani", avec les modifications imposées par la censure), opposant politique (pamphlet "Les deux profils de M. Bonaparte, de Napoléon le petit", écrit à Bruxelles après son expulsion de France), artiste reconnu (Discours de réception à l'Académie francaise). Les passionnés de poésie admireront un extrait du "Lac" de Lamartine, un manuscrit de poème de Rimbaud ayant appartenu à Verlaine, ou un poème autographe de ce même Verlaine, du recueil "Cellulairement" écrit lors de son emprisonnement après le coup de feu tiré sur Rimbaud, et classé Trésor national. Baudelaire, à laquelle une vitrine entière est consacrée, se révèle tout aussi malheureux dans la fameuse "lettre du suicide" (1845) adressée au notaire de la famille où il déclare son intention de se donner un coup de couteau.

L'aventure du Surréalisme est évoquée avec les manuscrits des deux manifestes par Breton ou une épreuve de la pièce de théâtre "les Cenci", corrigée de la main même d'Arthaud. Une vitrine regroupe les lettres envoyées par Saint-Exupéry peu avant sa mort à une jeune officier de l'air femme, "Lettres à une inconnue", dans lesquelles le Petit Prince lui-même plaide la cause de l`amoureux transi, en de beaux dessins: “Cest triste, on ne pense pas à me téléphoner"


Art

il est assez impressionnant de pouvoir déchiffrer une lettre de Cranach l`Ancien datant de 1533 ou une de 1574 signée Vasari, une autre de Véronèse sur l'achat d'une propriété près de Trévise. Géricault veut exposer "Le radeau de la Méduse" à Londres après son insuccès à Paris, Delacroix remercie Baudelaire pour son article sur les fresques de Saint-Sulpice, Renoir écrit à Monet pour le presser d'organiser une exposition d'impressionnistes à la galerie Durand-Ruel.
L'avantage de la correspondance des artistes entre eux est qu`elle est souvent illustrée, comme l'attestent des lettres de Gauguin, Toulouse-Lautrec, Van Gogh ou Signac rehaussées de croquis. Certaines peuvent être plus intimes : c'est Rodin qui écrit à un journaliste pour lui recommander l'oeuvre de Camille Claudel, c'est Matisse qui annonce en 1944 la libération de sa femme et de sa fille arrêtées par la Gestapo pour fait de résistance, c'est Juan Gris qui détaille les caractéristiques du cubisme synthétique... avant de s'inquiéter d'avoir recu par courrier une grosse somme d'argent (ce qu'il ne trouve pas prudent !) ou Picasso qui rédige un message humoristique sur la carte postale publicitaire d'un restaurant.

La chanson n'est pas oubliée : Maurice Chevalier exprime sa passion pour la scène, Edith Piaf déclare son amour au champion cycliste Louis Girardin, un émouvant cahier à spirales vert regroupe des ébauches de chansons de la main de Brel (dont "Amsterdam") ou Gainsbourg écrit au début de sa carrière une chanson pour Catherine Sauvage "Nanas au paradis", dans laquelle s'exprime déjà tout son génie. Quant aux amateurs de cinéma, ils déchiffreront avec émotion la lettre de 1938 dans laquelle Méliès, ruiné et tombé dans l'oubli, s'étonne de voir redécouvrir ses œuvres, ou celle d'Yves Montand attendant avec impatience le résultat des bouts d'essai passés pour le film "Les Portes de la nuit", où il est censé reprendre un rôle écrit pour Jean Gabin. Merveille des merveilles, un feuilletoir électronique permet de parcourir le manuscrit autographe de Jean Cocteau pour "La Belle et la bête", parsemé de dessins et de photographies du tournage.



Le Musée des Lettres et Manuscrits, Expo Marcel Proust



Exposition temporaire "Proust, du temps perdu au temps retrouvé

Sont exposés aussi bien des lettres que des manuscrits, des dessins, des photographies ou des éditions originales, couvrant presque toute la vie adulte de l'écrivain, de 1894 à sa mort en 1922. Proust confie son peu d'affection pour Swann, ou ses réticences à l'égard de "À l'Ombre des Jeunes Filles en fleurs", qu'il trouve "trop fade". Cette correspondance est également riche d'informations sur les personnes qui, dans l'entourage de Proust, en ont inspiré les personnages, soit qu'il les évoque dans ces lettres, soit qu'elles leur soient adressées (ainsi de Gilberte Swann, inspirée par Jeanne Fouquet - mère de Simone de Caillavet -), du baron de Charlus qui doit beaucoup au comte de Montesquieu, ou d'Albertine, qui emprunte à Alfred Agostinelli et Albert Nahmias, pour ne prendre que ceux-là. Au-delà de l'auteur, c'est aussi un Proust intime et multiple qui s'exprime à travers sa correspondance quotidienne : c'est l'ami, qui s'enquiert des siens avec une exubérante sollicitude, c'est le fils, qui partage avec sa mère ses tracas quotidiens et les incessants tourments que sa santé fragile lui inflige, c'est l'écrivain qui, soucieux de la promotion de son œuvre, nourrit d'abondants échanges avec ses éditeurs et avec la presse, c'est jusqu'au locataire, dont la relation tendue avec son propriétaire est le fruit d'un soin jaloux, pour ne pas dire maniaque, apporté à la préservation de son univers calfeutré. La sensibilité extrême de l'écrivain transparaît à chaque ligne, exacerbée par l'omniprésence de la maladie qui le confine dans sa chambre et dont on voit combien elle rythmait ses jours et occupait ses pensées et ses écrits. Après le 29 août, la prochaine exposition portera sur l'Académie Française de 1635 à nos jours, le Musée présentera à partir d'une collection constituée par la famille de Flers (7.000 lettres au total) une sélection de quelque 150 documents dont certains extrêmement rares (par exemple, une lettre de Corneille dont on ne connaît que 19 documents autographes).


Musée des Lettres et Manuscrits - 222, boulevard Saint-Germain 75007 Paris - Tel : 01.42.22.48.48

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h - Nocturne le jeudi jusqu'à 20h



Pour rappel, lien avec le site du Musée des Lettres et Manuscrits :

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