Société des Amis de la Bibliothèque Forney




GAZ À TOUS LES ÉTAGES
La Naissance du confort
1850 - 1920)


20 septembre 2011 au 28 janvier 2012
Communiqué de Presse
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Expo Villemot




Dès 1850, l'apparition du gaz dans les foyers parisiens a été une vraie révolution domestique qui a changé la manière de vivre et le bien-être des Français : cuisiner, prendre un bain chaud ou s'éclairer à loisir sont devenus faciles !
L'histoire du gaz été marquée par l'invention de nouveaux appareils (gazinières, calorifères, chauffe-eau...) tout comme l'apparition de matériels utilisant cette énergie (becs de gaz, compteurs, tuyauteries...).

L'exposition retrace cette histoire étonnante grâce à une scénographie très ludique qui rassemble des reconstitutions de pièces d'un appartement 1900 (cuisine, salon, salle de bains) ou de boutiques anciennes (blanchisserie, salon de coiffure), des appareils anciens issus des collections des associations AFEGAZ (Association la Flamme européenne du gaz) et COPAGAZ (Conservation du patrimoine gazier), ASPEG (Amicale de sauvegarde du patrimoine électrique et gazier), MEGE (Mémoire de l'électricité du gaz et de l'éclairage public en région parisienne) et du magasin Lumière de l'œil. Des affiches anciennes, des catalogues de firmes commerciales ainsi que des maquettes complètent l'ensemble.





L'industrie du gaz

Au 18ème siècle, un médecin flamand un peu alchimiste du nom de Van Helmont invente le mot "gaz" à partir du mot "geest" qui veut dire "esprit" en flamand, car il avait repris les études de l'alchimiste Paracelse qui utilisait le terme de "spiritus sylvester" (esprit de la forêt) pour désigner le gaz dégagé par les combustions et les fermentations. Ce n'est qu'en 1802 que le mot "gaz" est admis dans le dictionnaire de l'Académie française.

En 1799, Philippe Lebon devient, par une expérience réussie devant quelques paysans champenois, l'inventeur de l'industrie du gaz. Seul parmi les nombreux chimistes qui, en cette fin du 18ème siècle, distillaient toutes sortes de matières pour en extraire le gaz, il comprend et prédit les usages que l'on en fera. En 1801, il fait la démonstration publique de son invention en éclairant au gaz l'hôtel de Seignelay, à Paris, mais ni les pouvoirs publics ni les investisseurs ne s'intéressent à son thermolampe.
Un Anglais du nom de Windsor en comprend, lui, tout l'intérêt : il obtient l'autorisation de planter quelques becs pour éclairer l'avenue Pall Mall à Londres, puis émerveille les Parisiens en illuminant le Passage des Panoramas en 1817.
Des entrepreneurs avisés constituent des compagnies pour exploiter des usines distillant du charbon à produire du gaz. En 1821, il en existe déjà quatre à Paris. Après celle de Lille en 1825, il s'en construira plus de 60 en province jusqu'en 1850. Ces usines distribuent le gaz par des canalisations en plomb ou en fonte, voire en bois, pour alimenter des becs d'abord installés dans les rues, puis dans les logements, les boutiques et les ateliers. Jusqu'à l'apparition des premiers compteurs, vers 1840, on paie sa consommation au nombre de becs possédés.





Un développement prodigieux

Pas moins de 550 villes sont éclairées au gaz en 1872, on dénombre plus de 1.000 usines en 1888, qui alimentent une population équivalant à 13 millions d'habitants. L'éclairage reste, de loin, l'utilisation la plus courante, mais des chercheurs s'intéressent aux qualités calorifiques du gaz et mettent au point des appareils de cuisson, de production d'eau chaude et de chauffage pour les habitations comme pour les locaux commerciaux. De nombreuses petites sociétés sont regroupées pour donner naissance en 1855 à la Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz qui exploite un réseau de plus de 500 km.
Une autre évolution s'annonce avec l'avènement de l'électricité. La toute fin du XIXème siècle et le premier quart du XXème seront marqués par la lutte que se livrent gaz et électricité pour la domination du marché de l'éclairage public. Le gaz fera encore de belles étincelles avec l'éclairage de l'Exposition Universelle de 1889 (avec plus de 80.000 réverbères) ou l'illumination du Champ-de-Mars lors de celle de 1900, qui verra aussi la révélation du bec à manchon incandescent inventé par l'Autrichien Auer. Pourtant, la part du gaz diminue inexorablement pour disparaître vers 1925. Seuls certains lieux prestigieux, telle la place de la Concorde, conservent leurs réverbères jusque dans les années 1950-1960.





La maturité

Le début du XXème siècle annonce le renouvellement des concessions dans beaucoup de villes. Plus de 700 usines fonctionnent à plein régime, en province comme à Paris. Les techniques et les usages se développent, encouragés par un vigoureux effort commercial et publicitaire. Malgré la Grande Guerre, la crise de 1929 et les bouleversements sociaux de 1936, l'industrie du gaz réussit à poursuivre son développement. C'est aussi l'époque où apparaissent le butane et le propane, qui distribués en bouteillesou en citernes, ne représentent pas un danger pour le gaz en réseau. En 1940, l'occupant réquisitionne le charbon, matière première des usines à gaz, et certaines usines sont bombardées.





Le renouveau

Á la Libération, l'industrie du gaz est sinistrée. En 1946, gaz et électricité sont nationalisés et la plupart des anciennes sociétés sont regroupées au sein de Gaz de France. Même si l'on reconstruit les anciennes usines et qu”on en élève de nouvelles, il est évident que le gaz manufacturé, à faible pouvoir calorifique et transporté sous basse pression, ne suffira pas longtemps à approvisionner le pays dont les besoins d'énergie croissent de façon exponentielle.
Heureusement, le gaz naturel découvert en 1951 à Lacq va offrir une solution, qui exige cependant de coûteuses modifications techniques et l'évolution du métier de gazier. Celui-ci ne fabrique plus désormais le gaz mais le transporte. Le pays se couvre de canalisations de grand transport de gaz à haute pression en acier et les 550 usines qui fonctionnent à la Libération s'éteignent peu à peu.
Dans les années 1960 et 1970, il faut adapter tous les équipements industriels à ce nouveau gaz, mais aussi intervenir chez des millions d'abonnés pour convertir leurs appareils. Le gisement de Lacq n'étant pas inépuisable, on décide de faire appel à du gaz importé des Pays-Bas, puis d'Algérie, Russie, mer du Nord norvégienne. Cela implique le transport par méthaniers ou la construction de gazoducs internationaux et de nouveaux terminaux de réception (Fos-sur-Mer).
Suite à ces avancées techniques et au confort qui a enfin investi les appartements pendant les Trente Glorieuses, la consommation du gaz s'envole, l'ensemble des appareils est notablement perfectionné. Important du gaz des confins de l'Europe et même au-delà, les gaziers travaillent aujourd'hui dans un espace beaucoup plus vaste que le seul territoire national.
Trois directives européennes successives ont ouvert leur métier à la concurrence, leur permettant en contrepartie de sortir du domaine où la loi de nationalisation les cantonnait.






LIENS

AFEGAZ - Association Flamme Européenne du GAZ
COPAGAZ - COservation du PAtrimoine GAZier
ASPEG - Amicale de Sauvegarde du Patrimoine Électrique et Gazier
MEGE - Mémoire de l'Électricité, du Gaz et de l'Éclairage public