Société des Amis de la Bibliothèque Forney




CENT POUR CENT BANDE DESSINÉE


24 septembre 2010 au 8 janvier 2011
Dossier de Presse

Expo Cent pour Cent Bande Dessinée




Cette exposition est un véritable manifesté placé sous le double signe de la mémoire et de la créatiob contemporaine. Après avoir été l'un des temps forts du dernier festival de la Bande Dessinée d'Angoulême, cette exposition qui présente plus de 100 planches de BD revisitées par des auteurs contemporains, est aujourd'jui proposée à la Bibliothèque Forney Bibliothèque des Arts - Graphiques et Décoratifs - et des métiers d'Arts de la ville de Paris) dans une toute nouvelle scénographie.





Placée sous le double signe de la mémoire et de la création contemporaine, l’exposition invite le public à découvrir 100 planches originales issues des collections du Musée de la bande dessinée d’Angoulême réinterprétées par 100 auteurs de bande dessinée d’aujourd’hui. Depuis plus de deux ans, ces auteurs, originaires de toute l’Europe mais aussi d’Asie ou des États-Unis (Florence Cestac, Lorenzo Mattotti, Charles Burns, Carlos Nine...) travaillent sur une planche de leur choix issue de la prestigieuse collection du musée de la bande dessinée d’Angoulême pour en dessiner une à leur tour, en résonance.

Enthousiasmes, doutes, abandons, questionnements ont rythmé le travail des auteurs qui livrent aujourd’hui ces "interprétations" parfois surprenantes. Sous forme d’hommage, de commentaire, de lecture ou de réécriture, ces planches composent une seconde collection, véritable prolongement de la première. En associant ainsi patrimoine et création, l’exposition CENT POUR CENT BANDE DESSINÉE témoigne du dialogue qu’entretiennent les grands auteurs de la BD d’aujourd’hui avec les chefs-d’œuvre qui les ont précédés, tant il est vrai, comme l’écrivait Jean Cocteau, "qu’un oiseau chante d’autant mieux qu’il chante dans son arbre généalogique".

À découvrir entre autres, les "résonances" entre Elzie Crisler Segar & Florence Cestac, David B. & Lewis Trondheim, Guido Buzelli & Edmond Baudoin, Frank Bellamy & Jochen Gerner, Paul Cuvelier & Vink, Burne Hogarth & Matti Hagelberg, Alberto Breccia & Lorenzo Mattotti, Milton Caniff & Jessica Abel, Ernie Bushmiller & Scott McCloud, Hugo Pratt & José Munoz, George Herriman & Jean-Christophe Menu, Paul Cuvelier & François Schuiten...

Le tout nouveau musée de la bande dessinée d’Angoulême a présenté cette exposition du 28 janvier au 28 mars 2010 à l’occasion du Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême 2010. De natures différentes, les hommages et interprétations proposés par les auteurs participant à CENT POUR CENT BANDE DESSINÉE appellent des regroupements, des rassemblements par affinités. le parcours de l'exposition se divise en douze séquences, pour plus de cent paires dse planches et duos d'auteurs de vingt-quatre nationalités.





Regards Croisés

Afin de faire comprendre le principe de l’exposition, la première section présente des paires de binômes, les choix s’étant à plusieurs reprises portés sur un même auteur. À chaque fois, l’imitation (ou la transformation) engendre quelque chose de nouveau. Moebius est ainsi revisité par Jean-Claude Goetting et Miguelanxo Prado, Alberto Breccia par Lorenzo Mattotti et Federico Del Barrio, Herriman par Miguel Angel Martin et Jean-Christophe Menu... (18 paires)


Décalages

Si elles se montrent apparemment très fidèles à la planche choisie, certaines interprétations opèrent des transformations, parfois infimes, parfois importantes, exagérant un détail, modifiant un cadrage ou l’organisation de quelques cases et introduisant ainsi un sentiment de décalage avec l’œuvre de référence : Park So-rim fidèle à Pascal Rabaté, lui-même fidèle à e.o. plauen, Charles Burns à Chester Gould, Jessica Abel à Milton Caniff, Hunt Emerson à Bazooka… (15 paires)


Théâtres de papier

Pour certains auteurs, la bande dessinée a incontestablement valeur de spectacle, la scène de théâtre ayant été choisie aussi bien par Morvandiau pour évoquer Yves Got que par Ruben Pellejero pour saluer Alex Raymond ou par Frédéric Bézian pour magnifier Jean-Claude Forest. Un point de vue éclairant sur le dessinateur en metteur en scène. (3 paires)


D'un continent à l'autre

Re-dessiner peut aussi conduire à déployer autrement la cartographie de la bande dessinée contemporaine. Les grands sauts d’un continent à l’autre abolissent les écarts culturels et paraissent se jouer de l’éloignement géographique, voire temporel. Le Coréen Kim Dong Hwa propose une variation érotique d’après l’œuvre de l’Américain Vaughn Bodé, depuis le Japon Hideji Oda adresse un clin d’œil complice à Fabrice Neaud et Kazuichi Hanawa transpose une planche célèbre de Moebius… (8 paires)


Rires et sourires

Attention, il y a du détournement dans l’air, de la parodie à tous les étages, sérieux s’abstenir ! N’empêche qu’il en faut de l’audace pour oser s’aventurer sur le terrain des grands humoristes. Michel Rabagliati revisite l’humour d’André Franquin, Peggy Adam celui de Raymond Macherot, Kang Do ha s’émeut avec Albert Uderzo, Joost Swarte réactualise H.M. Bateman, Riad Sattouf joue avec le nom de Pierre La Police, Kan Takahama transpose l’ironie de Jules Feiffer… (10 paires)





À suivre

La force suggestive de la planche sélectionnée est une invitation, pour certains auteurs, à lui donner une suite, en imaginer les prolongements, immédiats ou plus lointains dans le temps. François Schuiten et Vink emboîtent tous deux le pas à Paul Cuvelier, Florence Cestac prolonge une page d’Elzie Crisler Segar, Tom Tirabosco imagine l’avenir d’un personnage de Dupuy et Berberian, André Juillard poursuit une fantaisie de Jeff Jones, Yoon Sun Park continue l’œuvre de Bud Fisher, Max celle d’Edmond-François Calvo… (13 paires)


Compagnonnages

Cette section rassemble des œuvres dont les auteurs sont des proches : ils ont pour certains partagé le même atelier ou travaillé ensemble sur un projet et leur proximité dans la plupart des cas dépasse les seules affinités intellectuelles ou artistiques. Etienne Lécroart envie une idée de Lewis Trondheim, celui-ci regarde par-dessus l’épaule de David B., Ruppert et Mulot examinent à la loupe une planche de Killoffer, lequel salue le regretté Aristophane. C’est également José Muñoz qui évoque Hugo Pratt. (5 paires)


Leçons de dessin

On touche ici à l’un des fondements de l’exposition : le témoignage de l’influence d’une œuvre sur la constitution d’une autre et ce que recouvre l’héritage graphique. Certains auteurs se sont donc attachés à déceler et mettre en évidence ce qui, dans la planche choisie, leur paraissait être l’essence, la force et l’intelligence de l’acte de dessiner et qui a contribué à forger leur relation avec la bande dessinée : Edmond Baudoin explore le trait de Guido Buzzelli, Ibn Al Rabin le minimalisme de Copi, Alex Robinson la composition de Will Eisner, Gilbert Shelton les codes graphiques chez Mort Walker, François Avril la modernité de Bilal, Scott McCloud théorise sur Ernie Bushmiller… (11 paires)


Je me souviens

Observer un dessin, s’y perdre pour s’y retrouver, le choisir pour sa force évocatrice et la nostalgie qu’il engendre sont autant de sentiments qui ont invité Martin Veyron à contempler Benjamin Rabier, Jean-Claude Denis à lire Nicolas Devil, Mauro Entrialgo à commenter Guido Crepax, Emmanuel Guibert à s’abîmer dans la planche de Mark Beyer dont il ne savait rien jusqu’alors… (5 paires)


Histoire

Les bandes dessinées racontent des histoires. La bande dessinée raconte l’Histoire. La bande dessinée ne fait pas trop d’histoires pour refaire l’Histoire. Alors Mathieu Sapin se fait biographe de Wallace Wood, Aleksandar Zograf loue l’avant-garde de Cliff Sterrett, Posy Simmonds profite d’un strip de Reg Smythe pour se pencher sur le sexisme de la bande dessinée, Ben Katchor imagine des savants du futur perplexes devant une page de Cham… (8 paires)


Tentation du tableau

À l’art du multiple et de la répétition, qui caractérise la bande dessinée, certains auteurs ont préféré celui de l’image unique et parfois l’abstraction à la figuration. Fascinés par un détail, une sensation qu’ils extirpent de son continuum originel et figent comme sujet de leurs compositions, allant parfois jusqu’à adopter la démarche du peintre. C’est ainsi que Dino Battaglia inspire de grandes images à Jens Harder et Sergio Toppi, André Franquin pousse Frank Pé au monumental, Winsor McCay inspire à Peter Kuper une composition audacieuse… (7 paires)


Un regard moderne

Non sans rappeler le palimpseste, ce parchemin dont on gratte la première inscription et qui laisse lire, par transparence, l'ancien sous le nouveau, les planches de certains auteurs reprennent la trace, l'écho, l'empreinte d'une autre planche pour la déconstruire, la reconstruire, la critiquer. L’avant-garde se mesure aux parangons du classicisme, les postmodernes prennent le relai des modernes. Jochen Gerner oppose ainsi un minimalisme radical au classicisme de Frank Bellamy, François Ayroles applique le sien à Marcel Gotlib, Matti Hagelberg confronte sa carte à gratter au maniérisme de Burne Hogarth, Gunnar Lundkvist s’invite chez Sydney Jordan… (7 paires)