Société des Amis de la Bibliothèque Forney




GABRIEL FOURNIER ET SES AMIS
15 janvier au 15 février 1969


Gabriel Fournier (1893-1963) est peintre français, né à Grenoble, qui fit l'École des Arts de Grenoble, les Beaux Arts à Lyon et enfin l'École des Arts Décoratifs à Paris. Il participa au mouvement de l'Art Vivant à Montmartre et à Montparnasse. Il travailla avec Raoul Dufy et côtoya, à la Rotonde, Kisling, Soutine et Modigliani. Zborowski le prit en contrat.
Pour beaucoup, Gabriel Fournier se singularise par un art tout de nuances et en délicatesses, fait d'harmonies fines et d'intimités irisées, fluides, mais aussi de mises en page audacieuses qui peuvent le situer dans la parenté de Bonnard.
Après la 1ère guerre mondaile, Fournier découvrit parmi les premiers la magnificence de Saint-Paul-de-Vence. Mais rapidement il préféra la solitude de Fontainebleau n'appréciant guère que Saint-Paul soit devenu, "le Mont Saint-Michel, Lourdes, tout ce que le tourisme et le sens des affaires peuvent donner quand ils se greffent comme un cancer sur une belle chair".
On lui doit une oeuvre féconde : des paysages, des natures mortes, des portraits, des nus. Lors des journées du patrimoine 2013, la ville d'Ormesson a organisé une exposition d'une tentaine d'oeuvres de Gabriel Fournier sur Ormesson et ses environs.



Exposition Gabriel fournier et ses amis






Exposition Cent photographies japonaises






Aux écoutes n° 2323 Janvier 1969

Gabriel Fournier et ses amis

La renommée est souvent injuste. Elle l'est sûrement envers Gabriel Fournier, trop peu connu. Cette rétrospective de son oeuvre servira certainement à rappeler son souvenir et à le mettre à sa juste place. Bien sûr, il ne fut pas sans subir des influences, Cézanne et les cubistes, ensuite Bonnard qu'il admirait, Dufy, son ami, avec qui il travailla.
Mais il y a, aussi, une façon de peindre qui est bien à lui. ll a dit la lumière et la joie, le bonheur calme, l'éblouissement de l'instant. Peintre du moment heureux, ceux qui furent ses amis, tous les peintres qui comptèrent dans le Montparnasse des années vingt, l'accompagnent ici.
(Ancien hôtel des Archevêques de Sens. 1. rue du Fi guier) guier.)






Le Journal du Dimanche / 26 janvier 1969

L'Exposition - Montparnasse des années 20

L'exposition "Montparnasse des années 20", qui se tient en 'l "Hôtel de Sens" - les fantômes des archevêques de Paris qui hantent ces lieux doivent être offusqués de ce voisinage, mais il est vrai que la reine Margot vint fréquemment dans cette austère demeure pour des activités qui relevaient plutôt du culte de Vénus - est surtout l'occasion de découvrir l'œuvre d'un peintre qui, sans être oublié ni inconnu, n'est pas encore à sa place.

Gabriel Fournier, sans être un "Montparno" dans le sens assez agaçant donné au terme, fut vraiment un peintre de Montparnasse. Dès avant 1914, il participa à la vie du quartier et à la "Closerie des Lilas", à la "Rotonde", au "Dôme", se lia avec Max Jacob, Apollinaire, Modigliani, Kisling, Ortiz de Zarate, Picasso, et bien d'autres. Des lettres, des documents, parfois émouvants rappellent à ces amitiés précieuses.

Témoin autant qu'acteur, le peintre, retiré à Fontainebleau pour y poursuivre son œuvre loin des tumultes parisiens, a laissé un ouvrage où il a évoqué ses souvenirs sans chercher à faire de littérature. Ce livre, "Cors de chasse", est probablement ce que l'on a écrit de plus véridique sur Modigliani et Kisling.

L'exposition, en fait, est surtout consacrée à l'œuvre de Gabriel Fournier, une œuvre qui le place en sa maturité auprès de Legueult et de Planson parmi les peintres du groupe de la "Réalité poétique", bien que plus que tout autre parmi ces peintres, il ait gardé un éblouissement de l'art de Bonnard.

On suit sa marche vers une expression personnelle à travers quelques peintures de jeunesse proches du néo-impressionnisme, puis nettement marquées par un ralliement au cubisme - on regrette que si peu de toiles de cette période aient pu être réunies - et enfin influencées par Dufy, dont Gabriel Fournier fut durant quatre ans le collaborateur pour les maquettes de tissus.

Homme de grande culture, de goûts raffinés, Fournier n'aimait rien tant que peindre loin des importuns. Sa longue retraite à Fontainebleau devait le faire oublier, tandis qu'il construisait son œuvre qui nous restitue sa figure pour notre délectation.

Jean-Paul Crespelle






Gabriel Fournier, Fleurs de printemps
Fleurs de printemps

Gabriel Fournier, Fleurs de printemps
Nu