Société des Amis de la Bibliothèque Forney




ATLAS DE PARIS ET DE LA RÉGION PARISIENNE
23 NOVEMBRE AU 10 DÉCEMBRE 1967


Du 23 novembre au 10 décembre 1967, les salles d'exposition de l'Hôtel de Sens, ont accueilli la publication "Atlas de Paris et de la Région parisienne", faite avec le concours de la ville de Paris, du C.N.R.S. et de l'Université de Paris. Jacqueline Beaujeu-Garnier et Jean Bastié, directeurs scientifiques de ce magistral panorama de la région parisienne ont, durant cette période, commenté leur œuvre à de nombreux groupes. Ce document unique présente le cadre physique de la Région, l'évolution de la Ville et de son agglomération, la population, le commerce, l'industrie, l'agriculture, les transports, l'équipement dans tous les domaines, du religieux au sportif, l'état des logements, les sources de ravitaillement, le rayonnement de Paris en France et dans le monde. Publié par les Éditions Berger-Levrault, il comprend 85 planches en couleur rassemblant 400 cartes et graphiques et un commentaire de 900 pages.



Exposition Atlas de Paris et de la Région Parisienne






Exposition Atlas de Paris et de la Région Parisienne
L'Aurore du 23 novembre 1967






L'Aurore - Jeudi 23 novembre 1967

Onze kilos - 964 pages
LE GRAND PARIS A SON ATLAS


C'est une somme de statistiques, de cartes et de commentaires sur la capitale et sa banlieue.

On n'en a pas parlé pour le Goncourt mais c'est tout de même l'ouvrage le plus remarqué du mois. Le plus attendu, en tout cas, puisque son prédécesseur a été publié en 1889 et "date" terriblement : il s'agit de l' "Atlas de Paris et de la Région Parisienne" qui a été "inauguré" hier soir à l'Hôtel de Sens par M. Marcellin, ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire.

Ses "parrains" étaient M. Paul Delouvrier, préfet de la Région Parisienne; M. Doublet, préfet de Paris, et M. Jean Roche, recteur de l'Université de Paris.

Cet atlas, qui a du poids à tous les points de vue (il pèse 11 kilos et comprend 85 planches portant 400 cartes, plus un commentaire de 964 pages), est une espèce d'encyclopédie de la capitale et de sa banlieue. Tout ce que l'esprit le plus curieux peut chercher à savoir est précisé, expliqué, mis en graphiques, en cartes ou en statistiques depuis le tracé des anciens ruisseaux jusqu'à la situation exacte des derniers troupeaux de vaches, en passant par les pertes de temps provoquées par les embouteillages dans le centre de Paris...

Au départ et à l'arrivée de ce travail gigantesque, une "équipe" comprenant plusieurs milliers de personnes qui, pendant cinq ans, a collecté, classé et mis en valeur les renseignements les plus divers.


AU PETIT BONHEUR

Le résultat est spectaculaire. Instructif aussi, du moins pour ceux ou celles qui auront les moyens de s'offrir un ouvrage de 550 francs... L'affirmation selon laquelle Paris ne s'est pas fait en un jour prend, ici, toute sa valeur : les auteurs nous décrivent d'abord la prodigieuse expansion qui, de 1908 à 1936, transforma le Paris du XIXème siècle 73.000 hectares, 500.000 habitants) en une "super-ville" devant laquelle disparaissaient peu à peu les bois et les étendues désertíques.

A cet envahissement de l'habitat individuel succède, entre 1936 et 1966, la prolifération de l'habitat collectif : de 1945 au 31 décembre de l'année dernière, il s'est construit autour de Paris 800.000 logements, dont 90 % collectifs, soit de quoi abriter deux millions de personnes...

La morale que tirent les enquêteurs de cette énorme poussée démographique est pessimiste : selon eux, tout a été fait au petit bonheur, et aussi "au hasard des décisions isolées et des intérêts particuliers". Et ils insistent fortement sur la nécessité de remettre rapidement un peu d'ordre dans cet enchevêtrement anarchique.

Mais où a-t-on construit le plus ? Essentiellement dans un rayon situé entre 7,5 et 12,5 kilomètres de Notre-Dame (43 % du nombre total des habitations). C'est l'Est de Paris qui a été le moins favorisé dans ce domaine (7,5 %) alors que le Sud bénéficiait d'un apport important (22,7 %).

Cette croissance de l'agglomération est évidemment liée au "resserrement" des industries qui s'est effectué selon deux "arcs" parallèles : d'Issy-les-Moulineaux à Juny-Vitry et de Vélizy-Villacoublay à Viry-Châtillon. Savez-vous, à ce propos, que l'électricité et l'électronique "préfèrent" le sud-sud-ouest proche (Malakoff, Châtillon, Bagneux), la métallurgie et la mécanique, la boucle de Gennevilliers, et que les entrepôts et les laboratoires ont tendance à quitter le XVème et le XIXème pour "émigrer" en banlieue ?

A côté de ces renseignements qui donnent la physionomie générale de la nouvelle Région Parisienne, on en trouve d'autres, innombrables, sur le climat (il fait de plus en plus chaud dans le "Grand Paris"), sur l'influence économique de l'habitant de la capitale dans l'hexagone et aussi sur un problème qui intéresse à peu près tout le monde : la circulation, ce fléau bien parisien...

Avec une minutie qui les honore, des enquêteurs motorisés ont parcouru, à toutes les heures de la journée, les artères principales de la capitale. Ils en sont revenusr avec des maux de tête et aussi des statistiques qui montrent à quel point la situation est grave.

Les automobilistes qui, chaque matin et chaque soir, frisent la crise cle nerfs dans les embouteillages et n'ont pas eu l'idée de se munir d'un chronomètre pour mesurer la durée des "bouchons" prendront connaissance, avec intérêt, de la traduction chiffrée de leur calvaire...

D'abord, selon les auteurs, espérer rouler à plus de 25 km-h dans Paris revient à faire un vœu pieux qui n`a aucune chance de se réaliser.
Si quelques secteurs rarissimes, comme le Cours-la-Reine ou la rue Kennedy, permettent encore quelques maigres accélérations, la majeure partie des autres voies est plus que saturée.

Les moyennes horaires relevées sont parfaitement désespérantes :
* Dans le centre-rive droite, entre la place Clichy, Barbès, la Bastille et la Concorde (si l'on excepte la rue de Rivoli, un peu plus favorisée), on atteint péniblement le 15 à l'heure.
* Entre la gare de l'Est et le Luxembourg, quel que soit l'itinéraire choisi (rue Saint-Martin, boulevard de Sébastopol ou rue Saint-Denis), la moyenne tombe entre 10 et 12 km-h, avec une "pointe" (à l'envers), rue Saint-Denis, ou elle dégringole à 8,8 km-h.
* Le trajet entre Barbès et la gare de l'Est n'est guère mieux loti (8,9 km-h),
* De même que celui qui va de la place Clichy à la gare Saint-Lazare (10,9 km-hi).
* Dans certains arrondissements résidentiels - comme le VIIème - les automobilistes pourraient espérer se "défouler" un petit peu ...à des heuresoù ils n'ont jamais l'occasion d”être au volant !

Ces indications déprimantes ne constituent qu'une mince partie de l' "Atlas de Paris et de la Région Parisienne", mais elles valaient d'être relevées. Ne serait-ce que pour faire sentir aux conducteurs leur très relatif bonheur de pouvoir encore rouler, même lentement, ce qui ne sera peut-être plus possible dans quelques années du fait de l'accroissement du parc auto- mobile...

Les auteurs de l' "Atlas" insistent d'ailleurs sur la nécessité de trouver d'urgence des solutions à ce problème et à tous les autres laissés en suspens : dans une agglomération de huit millions d'âmes, qui se renforce d'une unité toutes les trois minutes et ou vit un Français sur six, l'attente n'a jamais "payé"...
Bernard Morrot


L'ÉQUIPE QUI L'A RÉALISÉ

L' "Atlas de Paris et de la Région Parisienne" a été réalisé sous la direction de l" " Association universitaire de recherches géographiques et cartographiques", de Mme Beaujeu-Garnier, professeur à la Sorbonne, et de M. Jean Bastié, professeur à la Faculté des lettres et Sciences humaines de Nanterre. Des organismes aussi divers que l'Institut National de la Statistique, les préfectures, les services des mínistères de l'Équipement, de l'Agriculture de l'Economie et des Finances, ainsi que la Sécurité Sociale et le Rectorat ont prété leur concours.






Le Monde du 22 novembre 1967

Vitesses moyennes de la circulation automobile

Les quelques chronométrages de vitesse moyenne dont nous disponsons font apparaître des difficultés impressionnantes.

ll est en effet impossible, sans prendre de gros risques, de circuler dans la plus grande partie de la ville à plus de 25 kilomètres-heure, dans la journée, en semaine.

Le manque de fluidité concerne tout le cœur de Paris, où nombre de rues sont étroites, et surtout le centre rive droite, entre la place Clichy, Barbès, la Bastille, la Concorde : sauf rue de Rivoli, la vitesse est inférieure à 15 kilomètres-heure.

On remarque plus particulièrement des goulots d'étranglement le long des axes nord-sud, entre la place Clichy et Saint-Lazare (10,9 kilomètres-heure), entre Barbès et la gare de l'Est (8,9 kilomètres-heure), dans les deux sens entre la gare de l'Est et celle du Luxembourg (quel que soit l'itinéraire, par les rues Saint-Martin ou Saint-Denis, ou le boulevard de Sébastopol, on fait 10 à 12 kilomètres-heure et même, rue Saint-Denis, entre le boulevard Magenta et les Grands Boulevards, à peine 8,8).

D'une façon générale, sauf dans les avenues très larges du 7e arrondissement, l'écoulement est fortement. freiné sur les voies à fort débit dans le Paris des fermiers généraux : il est rare que l'on puisse dépasser l8 km.-h.

Toutes les séries de chronométrages effectués entre 1962 et 1965 prouvent qu'il n'est pas d'artère à l'intérieur de Paris où il soit possible d'atteindre une moyenne de 45 kilomètres-heure, vitesse pourtant considérée, en raison des multiples intersections, comme la norme par la direction de la circulation.






Exposition Atlas de Paris et de la Région Parisienne
Le Figaro du 23 novembre 1967






Le Figaro du 23 novembre 1967

M. Raymond Marcellin a inauguré l'exposition consacrée à l' "Atlas de Paris"

M. Raymond Marcellin, Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé du Plan et de l'Aménagement du Territoire, a inauguré hier soir, à l'Hôtel de Sens, l'exposition consacrée à l'Atlas de Paris et de la Région Parisienne qui lui a été remis en présence de M. Delouvrier, préfet de la Région Parisienne, de M. Doublet, préfet de Paris, et de M. Jean Roche, recteur de l'université de Paris.

"En 1970, il y aura vingt et un atlas régionaux pour les vingt et une régions françaises de programme", a déclaré M. Marcellin.
Le ministre a encore insisté sur la nécessité de moderniser Paris tout en régénérant parallèlement la province. Avant lui, M. Paul Delouvrier, préfet de la région et président du Comité de patronage de l'Atlas, avait rendu hommage à ce travail d'équipe remarquable, et souligné que Paris était en avance sur les autres grandes capitales; "Ni Londres, ni Moscou, ni New-York n'ont d'atlas" a-t-il dit.

Cette carte, comme celle publiée dans nos éditions d'hier, en est extraite. Eile permet de se rendre compte des dîfférences de densité de l'habitat dans la capitale. Le coefficient d'utilisation du sol est le rapport entre le nombre de mètres carrés de plancher construit et le nombre de mètres carrés de terrain au sol. Un coefficient 2, par exemple, indique qu'on a construit en mètres carrés de plancher habitable Ie double de ce qui existait comme terrain à bâtir, et que pour un terrain de cent mètres carrés on trouvera deux cents mètres carrés de logements.
Comme on peut le voir, la densité maximale d'utilisation du sol se situe sur la rive droite.
G.-C. M.






Le Monde du 22 novembre 1967

L'ATLAS
La vie de la région parisienne

Après cinq ans de travail l' "Atlas de Paris et de la Région Parisienne" est enfin prêt. Cette œuvre considérable - quatre vingt douze planches contenant trois cent cinquante cartes et un volume de neuf cent cinquante pages pour les commentaires - est présentée, le 22 novembre à M. Raymond Marcellin, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé du Plan et de l'aménagement du territoire, par M. Paul Delouvrier, préfet de la Région Parisienne, M. Maurice Doublet, préfet de Paris. et M. Jean Roche, recteur de 1'université de Paris.

C'est le quatrième atlas régional français à être publié après ceux de la France du Nord, de la France de l'Est et de la Normandie.

Les maîtres d"œuvre, Mme J. Beauíeu-Garnier, professeur à la Sorbonne. et M. J. Bastié, professeur à la faculté des lettres de Nanterre, ont suivi un plan logique pour présenter Paris et sa région. Ils ont d'abord comparé Paris aux grandes métropoles du monde, Londres, New-York, Moscou et Tokyo : Paris est une des plus petites "grandes villes" par la superficie. mais une de celles où la population est la plus dense. Vient ensuite le cadre physique dont certains traits ont été modifiés par la ville : ruisseaux recouverts, relief masqué par les constructions, climat urbain original créé par la pollution atmosphérique et les foyers de chaleur.
Dans ce cadre naturel l'agglomération s'est installée peu à peu, s'organisant (plus ou moins), s'équipant grâce aux techniques nouvelles. La population occupe la surface bâtie, répartie différemment selon les départements de la région ou les arrondissements de la capitale. Elle naît et elle meurt : elle arrive de l'extérieur ou y repart. Elle circule à l'intérieur de ses limites et est reliée au reste du pays et du monde ; Paris est beaucoup moins loin de la province qu'il y a quelques années : les trains vont plus vite, les lignes aériennes intérieures deviennent d'un usage courant. L'agriculture reste importante à proximité de l'énorme agglomération et les grandes exploitations agricoles deviennent plus nombreuses ; en revanche l'élevage des bovins reste souvent dispersé en tout petits troupeaux. Pour l'industrie, la part de la région parisienne dans la production française reste énorme ; malgré les ettorts de décentralisation et de desserrement, les établissements industriels sont encore nombreux dans Paris "intra-muros" et même dans les arrondissements du centre. Le secteur tertiaire, lui aussi, fait jouer à Paris un rôle primordial : commerce (gros et détail), sièges sociaux de grandes entreprises, administrations... Enfin les Parisiens circulent beaucoup et tiennent en France une place considérable : ils sortent de leur ville pour les week-ends et les vacances, ils reçoivent de l'extérieur leurs approvisionnements. Et aussi ils rayonnent sur l'Hexagone et sur le monde entier.

A chaque planche correspondent plusieurs pages du volume de commentaires qui apportent précisions et éclaircissements soit par des textes, soit par des schémas, des graphiques ou des cartes en noir et blanc. Pour la plupart des phénomènes présentés, les explications commencent par un historique. Une mine de renseignements tort utiles sur Paris et sa région a ainsi été constituée.

Pour chaque chapitre les sources sont toujours citées. Elles sont multiples : mais on ne peut omettre de mentionner parmi les plus importantes : la direction parisienne de l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (I.N.S.E.E.), les services préfectoreaux de la Seine-et-Oise et de la Seine-et-Marne, les services des ministères de l'agriculture, de l'équipement, de l'économie et des finances. la Sécurité sociale, les services du rectorat...

Nous avons pensé que la meilleure façon de présenter à nos lecteurs l' "Atlas de Paris et de la Région Parisienne" était de leur montrer quelques-unes des cartes de cet ouvrage monumental - en les simplifiant - et des extraits des commentaires qui les accompagnent.
Yvonne Rebeyrol




Exposition Atlas de Paris et de la Région Parisienne
Le Monde du 22 novembre 1967






Le Monde - 22 novembre 1967 - Extrait de l'Atlas

Paris au début du XIXe couvrait à peine 3.000 hectares avec ses cinq cent mille habitants, alors que l'agglomération s'étend sur 140.000 hectares environ aujourd'hui, soit quarante fois plus.

La grande période d'expansion spatiale de l'agglomération fut celle de 1908 à 1936, en réalité surtout de 1919 à 1931. Ce fut l'explosion irrésistible de lotissements de pavillons à jardinets. Rien ne lui a résisté : forêts, parcs, terres de culture, terrains inondables. Elle se produit tout autour de l'agglomération, mais plus encore que les expansions précédentes elle dessine des tentacules le long des axes de circulation, essentiellement les voies ferrées...
Dans la vallée de l'Orge... disparaissent les 600 hectares de la forêt de Secquigny... En même temps cette expansion comble les vides laissés à proximité de Paris par les étapes précédentes... La très forte expansion spatiale de cette période est due à la prédominance quasi exclusive de l'habitat individuel dans ces secteurs et à l'étendue des lotissements où la densité moyenne se situe autour de dix mille habitants au kilomètre carré. Ces lotissements de l'entre-deux-guerres doivent aujourd'hui contenir plus d'un million deux cent mille personnes.

L'expansion. de la période 1936-1965, qui ne débute pratiquement qu'en 1954, est beaucoup plus sporadique et ponctuelle. Elle présente par ordre d'importance décroissante quatre types de localisations :
1. A l'intérieur du tissu urbain antérieur. comme par exemple en proche banlieue sud à Bagneux ou en moyenne banlieue est au nord de Rosny ; c'est de très loin le plus fréquent...
2. En lisière de l'agglomération comme à Arnouville-lès-Gonesse, au nord ou à Sainte-Geneviève-des-Bois au sud, ce type tend peu à peu à prendre plus d'importance;
3. Autour des centres secondaires encore un peu isolés, comme à Poissy ou Trappes;
4. Isolée comme sur les plateaux qui encadrent la vallée de Chevreuse.

Il s'agit essentiellement d'habitat collectif qui réalise des densités plus élevées que l'habitat individuel de l'ordre de vingt mille à trente mille habitants au kilomètre carré. De 1945 au 31 décembre 1966, on a construit hors Paris dans l'agglomération environ huit cent mille logements, dont 90 % de collectifs, soit de quoi abriter deux millions de personnes

Mais, par rapport à la période précédente, la forme générale de l'agglomération n'a pas été très modifiée. Il ne s'agit que de retouches : remplissage des vides et léger épaississement sur les bords... Du point de vue de l'expansion spatiale, la période précédente avait été beaucoup plus importante: non seulement elle avait considérablement étendu, mais elle avait changé la forme de l'agglomération.

S'il en était besoin, cette carte montrerait que la localisation des groupes de logements construits de 1949 à 1965 s'est effectuée de manière spontanée sans répondre aucunement à une pensée urbanistique de réaménagement ou de restructuration de l'agglomération. Il ne s'est agi que de remplissage au hasard des décisions isolées et des intérêts particuliers...

Si l'on veut pouvoir faire face à la poussée démographique future, il est devenu indispensable pour reconstituer un potentiel d'urbanisation de sortir des limites de l'agglomération actuelle, de prévoir et d'orienter une expansion spatiale inévitable.

A la carte de l'agglomération, nous avons joint, en cartouche, un des schémas qui accompagnent les commentaires. Ce schéma en sorte de la rose des vents fait ressortir les zones de banlieue où l'on a le plus construit et celles où les H.L.M. sont particulièrement nombreuses.

On a le plus construit entre 7,5 et 12,5 kilomètres de Notre-Dame, près de 43 % du total. Le nombre des logements diminue très régulièrement en deçà et au-dela... C'est dans la direction du Sud que l'on a le plus construit, soit cent dix-sept mille deux cent quatre-vingts logements (22.7 % du total)... La direction dans laquelle on a le moins construit est l'est, avec quarante-quatre mille neuf cent cinquante logements. soit 7,5 %...

Jusqu'à moins de 15 kilomètres de Paris se situent 75 % des H.L.M. construites... Le pourcentage d'H.L.M. est le plus fort en direction du nord-est...






Exposition Atlas de Paris et de la Région Parisienne
Le Monde du 22 novembre 1967 - Le desserrement des industries de 1962 à 1966






Le Monde - 22 novembre 1967 - Le desserrement des industries de 1962 à 1966

L'attraction de la banlieue sud s'exerce très nettement selon deux arcs parallèles à la limite de Paris :
1. ) Le premier, jouxtant Paris d'Issy-les-Moulineaux a Ivry-Vitry;
2. ) Le second, plus éloigné et plus discontinu, de Vélizy-Villacoublay á Viry-Châtillon.

La boucle de Gennevilliers jusqu'a Suresnes, plus encore que la proche banlieue nord-ouest, de Levallois-Perret à Saint-Denis, est le point d'impact de nombreuses implantations nouvelles.

L'est proche (le triangle Pantin-Montreuil-Rosny) constitue un petit pôle d'attraction assez dense.

La métallurgie et la mécanique se dirigent surtout vers le nord-ouest dans la boucle de Gennevilliers. La seconde zone préférentielle de la métallurgie est le sud (Massy, Longjumeau, Chilly-Morangis) et le sud-est (Vitry, Choisy, Villeneuve-le-Roi)
Là, les déplacements se font à plus grande distance et ont lieu à partir des arrondissements périphériques de Paris ou de la banlieue proche.
L'électricité et l'électronique vont de préférence vers le sud, sud-ouest proche : Malakoff, Châtillon, Bagneux, plus encore vers sur plus lointain : Antony, Vélizy-Villacoublay, Massy-Morangis, Bures-Orsay...

Le desserrement des unités de production (entrepôts et laboratoires inclus) est issu surtout des arrondissements périphériques (15e, 19e). Dans Paris ce sont surtout les industries diverses, secondairement la métallurgie, qui se desserrent. Les départs de la chimie ne prennent quelque importance que dans les 17e, 6e, 10e et 1er., ceux de l'électricité-électronique que dans les 20e, 16e, 15e, 7e, 18e.